Logo ADIRS Ecouter,Parler,Informer Zone Rechercher
Association pour le Développement de l'Information et de la Recherche sur la Sexualité 29 Juin 2017  
   

Actualités Scientifiques

Conserver une vie sexuelle active après 45 ans dépendrait surtout de l'importance que les femmes accordent à la sexualité

Extrait du Bulletin de la SFMS

Les femmes de plus de 45 ans qui conservent une vie sexuelle active seraient surtout celles qui considèrent la sexualité comme étant importante, qu’elles aient ou non une Dysfonction Sexuelle (DS).

En tout cas, c’est la conclusion d’une enquête américaine dont les résultats ont été récemment publiés. Il s’agit d’une étude longitudinale qui a débuté en 2005, au cours de laquelle des femmes de « milieu de vie » ont été suivies pendant 8 ans, dans le but d’évaluer les différents facteurs prédictifs du maintien ou de l’arrêt de la vie sexuelle.

Initialement âgées entre 40 et 65 ans, elles ont toutes été évaluées annuellement en précisant pour chacune d’entre elles les données socio-démographiques, le statut ménopausal, la situation médicale, le rythme des rapports sexuels, l’importance qu’elles accordent à la sexualité ainsi que le score du Female Sexual Function Index (FSFI) qui permet de définir l’existence ou non d’une DS.

A la quatrième année d’évaluation, 602 femmes participaient encore à l’étude, dont 354 (58,8 %) qui étaient considérées comme « modérément » à « très » actives sexuellement. Ce sont ces 354 femmes actives sexuellement qui représentent le groupe étudié pour observer l’évolution de l’activité sexuelle

Quatre années plus tard (c’est à dire 8 ans après le début de l’étude) 228 femmes (64,4 %) étaient encore sexuellement actives. Et parmi les facteurs associés à la poursuite de cette vie sexuelle, deux se distinguaient par leur valeur statistiquement significative :

  • L’IMC (Indice de Masse Corporelle) qui fût inversement corrélé avec la poursuite d’une vie sexuelle active (ce qui laisse entendre que plus les femmes sont en surpoids et moins elles ont de chances de rester sexuellement actives avec l’âge)
  • Et surtout, le degré d’importance que les femmes accordaient à la sexualité qui fût le principal facteur prédictif de la poursuite d’une vie sexuelle active. En réalité, les femmes qui considéraient la sexualité comme étant « modérément » à « très » importante avaient statistiquement plus de chances de rester sexuellement actives et cela de façon indépendante des scores du FSFI (c’est-à-dire de façon indépendante de l’existence ou non d’une DS)

Commentaire

Dire que les femmes pour qui la sexualité est importante conservent plus facilement une activité sexuelle avec l’âge ne nous surprend pas. Et nous avons déjà tous rencontré des patientes chez qui cette motivation sexuelle permet de dépasser voire de résoudre certaines dysfonctions sexuelles. Et à l’inverse, certaines femmes pour qui la sexualité n’est pas un élément important de leur vie, ou n’est plus prioritaire, peuvent présenter des DS de toute sorte, ralentissant voire empêchant la vie sexuelle dans le couple.

En revanche, il est surprenant de constater l’absence totale d’impact des scores du FSFI sur la poursuite de la vie sexuelle. En effet, certaines DS peuvent particulièrement gêner la sexualité d’une femme et de son couple malgré la motivation de la femme à conserver sa vie sexuelle. Cette absence d’impact des scores du FSFI sur la vie sexuelle, dans cette étude, découle peut-être du fait que ce questionnaire est surtout adapté aux activités sexuelles centrées sur la pénétration, et l’est beaucoup moins pour les actes sexuels à type de jeux érotiques, caresses sexuelles et autres comportements sexuels sans pénétrations. Le questionnaire FSFI pourrait donc être moins adapté à des comportements sexuels plus variés et plus riche que l’acte sexuel « conventionnel ».

Enfin, il est à noter que certains paramètres jouant un rôle parfois important dans la poursuite d’une vie sexuelle ne figurent pas dans la liste des facteurs étudiés par les auteurs. Par exemple, l’âge du couple qui a un impact tout aussi important, sinon plus, que l’âge des partenaires, sur la motivation sexuelle féminine ou encore l’existence ou non d’une dysfonction sexuelle chez le partenaire.

Quoiqu’il en soit, cette étude nous rappelle, s’il le fallait, le rôle majeur de l’intérêt accordé par une femme à la sexualité dans la poursuite ou non de sa vie sexuelle avec l’âge.

Créé le 26/06/2014
    2006 © ADIRS  -  Mentions légales  -  Ajouter aux favoris  -  Nous contacter